Nouvelle livraison d'IQ, Dominion. En musique, il y a de vrais stakhanovistes. Dans le rock, c'est AC/DC, qui n'a jamais dévié de sa route, dans le prog c'est IQ. Avec eux, on n'a pas à s'inquiéter, on sait exactement à quoi s'attendre à chaque album. En soi, c'est un peu l'inverse de ce que l'art est censé nous apporter. Pourtant, quand l'ouvrage est cent fois remis sur le métier, avec un soin et un dévouement tels que la qualité est à chaque fois au rendez-vous, on ne peut que s'incliner. No Dominion poursuit donc dans la veine de Resistance et Road Of Bones, il dispose cependant d'un atout, sa durée. 53 minutes, un album simple avec 5 morceaux, un long morceau de 22 minutes, pas deux, pas trois, comme sur le précédent. IQ est revenu à plus de concision, et c'est tant mieux. On s'y retrouve plus facilement, le sequencing opère, sans bavardages, sans longueurs. Sans hommages trop appuyés non plus. Un peu le pêché mignon du groupe parfois. Des emprunts un peu trop voyants... For Another Lifetime singeait par moment Fly On A Windshield de Genesis, Fall Out réitérait Awaken de Yes. On se souvient aussi de Harvest Of Souls (sur l'album Dark Matter) où une section entière plagiait carrément Supper's Ready, tandis qu'une autre se prenait pour Gates Of Delirium. Non, dans Dominion, c'est du IQ, mais il n'y a pas cette sensation de chapardage. Prod optimale, bien supérieure à celle de Marillion (Comme j'aimerais que Ian Mosley sonne comme Paul Cook), précision musicale de tous les instants, une délicieuse petite folkerie de trois minutes, quelques touches électro de Neil Durant aux claviers, les accords divins de No Dominion, non vraiment, c'est encore un magnifique travail, bravo à ce quintette qui fête ses 45 ans, et n'est pourtant que semi-professionnel !