
(2023)
Voilà c'est fini, il a rangé son chapeau, son lasso après une dernière aventure, un baroud d'honneur après quarante deux ans de bons et loyaux services. Ce cher Indiana Jones me laisse orphelin de tout un pan de ma culture cinématographique. J'ai grandi, vibré, tremblé, ri, frissonné en sa compagnie. Bref, j'ai rêvé plus grand que nature devant ses aventures. Un grand merci à messieurs George Lucas, Steven Spielberg et bien sûr Harrison Ford pour avoir donné naissance au plus grand héros de l'histoire du septième art. Et chapeau bas à monsieur John Williams pour nous avoir permis de l'identifier avec des notes de musique aussi mythiques que peuvent l'être les thèmes de Star Wars ou le thème de James Bond. Pour cet ultime volet, le défi à relever était de taille. Non seulement, la dernière apparition à l'écran en 2008 de notre aventurier préféré, "Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal", avait déçu un grand nombre de fans (perso j'avais aimé même s'il était moins réussi que les trois premiers), mais en plus, Steven Spielberg avait annoncé qu'il ne serait que simple producteur. C'est l'excellent James Mangold ("Copland", "Walk The Line", "3 h 10 pour Yuma", "Wolverine : Le Combat de l'immortel", "Logan", "Le Mans 66") qui a la lourde tâche de succéder au maître Spielberg. Le résultat est-il à la hauteur des attentes et du pari insensé ? Oui et non. Oui car le scénario est assez malin pour jouer sur plusieurs niveaux de lecture dont les scènes les plus réussies sont celles où Indiana Jones se retrouve confronté et coincé entre ce qu'il incarne du passé et sa place dans le présent voire le futur. Dans toutes ces scènes, Harrison est admirable et bouleversant. Puis il y a l'action folle et menée tambour battant qui bien qu'emballante n'atteint pas le niveau d'excellence des trois premiers opus car aussi talentueux soit-il, James Mangold n'a pas le génie créatif et visuel de Steven Spielberg ni sa science innée du rythme. Les scènes d'action sont réjouissantes mais pas éblouissantes, osées mais pas géniales car elles sont plombées par une utilisation du numérique parfois envahissante, souvent maladroite. Il faut tout le talent et la classe impériale d'Harrison Ford, la fougue et l'énergie contagieuse de sa partenaire d'aventure, l'excellente Phoebe Waller-Bridge et la présence fascinante du toujours formidable Mads Mikkelsen pour permettre à ses scènes d'être efficaces malgré leurs handicaps visuels. Et malgré cela, la magie opère, le film fonctionne et surprend grâce à des prises de risque, à des partis pris périlleux qui s'avèrent au final payant. Et c'est dans ses maladresses blessantes aussitôt suivis de coups d'éclats foudroyants que ce "Indiana Jones et le Cadran de la Destinée" est touchant, bouleversant et totalement euphorique. Car même s'il est loin d'être parfait, le film a le mérite de nous faire retrouver un cinéma d'aventure à l'ancienne avec un savoir-faire d'écriture et d'interprétation haut de gamme, ce qui est de plus en plus rare aujourd'hui sur nos écrans. Et rien que pour cela, ça vaut franchement le coup d'accompagner pour une nouvelle et ultime aventure notre cher ami Indy !
EXALTANT !!!
