
(2011)
David Ficher s'empare du matériau d'origine (roman) déjà adapté deux ans plus tôt avec la formidable Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth Salander. Il faut bien l'avouer, les premières adaptions ressemblaient plus à des téléfilms qui ont été ensuite projetés au cinéma. Seule la performance magistrale de la comédienne transcendait le sujet. Là, on a affaire à David Fincher. Et dès le fantastique générique, on est happé. Le talent immense du cinéaste explose à chaque instant sur l'écran : mise en scène virtuose, photographie soignée, jeu sur les textures et les couleurs, décors et paysages personnifiés faisant partie intégrante de l'histoire. L'esthétique finchienne dans toute sa splendeur. Ambiance glauque, noirceur malsaine, violence crue, zones d'ombre et perversité humaine auraient pu être gommées (le film est produit par un grand studio et se doit d'être grand public), il n'en est rien. Quand on s'appelle David Fincher, on n'édulcore pas. On pousse le spectateur au plus profond de lui-même, on le bouscule, on lui offre du viscéral, du dérangeant et du troublant qui font toute la puissance et la beauté de son cinéma. Cinéma qui fait la part belle aux comédiens depuis son premier film et durant toute sa filmographie. Et c'est peu dire que Daniel Craig et Rooney Mara habitent littéralement leurs personnages. Deux interprétations subtiles, fragiles, intenses qui se répondent et se fondent dans des regards, des gestes savamment orchestrés par le sorcier Fincher. Le reste de la distribution est à l'avenant : Christopher Plummer, Stellan Skarsgård et Robin Wright sont impeccables. Plus qu'une nouvelle adaptation ou un remake, ce "Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes" est une nouvelle pierre à l'édifice d'un cinéaste surdoué à la filmographie irréprochable.
FASCINANT !!!







