
(1977)
Sorti en 1977, "Mort d'un pourri" est un polar sur fonds de scandale politique. Mis en scène magistralement par un Georges Lautner en grande forme et admirablement dialogué par un Michel Audiard incisif, désabusé, cynique, engagé et sans concession, "Mort d'un pourri" est sombre, violent, fascinant et passionnant. Encré dans une réalité rythmée par les scandales et les affaires politico-financières qui régnaient alors dans les années soixante-dix, le génial scénario rédigé par Michel Audiard et Claude Sautet est un modèle du genre. Il est magnifié par les superbes interprétations d’un Alain Delon au sommet de son art, d’un fabuleux Michel Aumont, d’une sublime Ornella Muti, des remarquables Stéphane Audran, Maurice Ronet, Mireille Darc, Jean Bouise, Daniel Ceccaldi, François Chaumette, Julien Guiomar et d’un incroyable Klaus Kinski. Quarante-huit ans après sa sortie, "Mort d'un pourri" est encore et toujours terriblement d'actualité.
CHEF-D’ŒUVRE !!!
Quelques exemples des dialogues lucides de l’immense Michel Audiard :
"Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson."
"En attendant qu’ils installent l’internationale du prolo, on a mis en place l’internationale du pognon. C’est un peu plus sérieux, croyez-moi. Des mots comme "belligérants" ou "alliés" n’ont plus de sens. Nous n’avons plus d’amis, nous avons des partenaires. Nous n’avons plus d’ennemis, nous avons des clients. Le Capital ne connait plus de frontière."
"Les salauds m’emmerdent, Maréchal. Ils gangrènent ce pays. Les combinards d’aujourd’hui occupent le temple, dirigent les journaux, subventionnent les campagnes électorales, font élire ceux qui ensuite leurs distribueront les marchés, leur accordant tous les passe-droits. Ils forment une nouvelle élite. Leurs descendants constitueront l’aristocratie de demain. Nous allons vers l’époque du voyou de droit divin."
"Certains élus du peuple vont connaître une petite traversée du désert. Au pas de course, rassure-toi. Quand ils reviendront, ils se seront fait le masque républicain, comme les vieilles putes se font retendre les fesses. Non, les seuls qui vont vraiment trinquer là-dedans sont les saumons. Dormez en paix, Parisiens. Tout est tranquille."








