LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Pour discuter de tout ce qui ne trouve pas sa place ailleurs.
Avatar du membre
gato13
Membre Sénior
Messages : 6004
Enregistré le : 15 septembre 2016, 12:34
Localisation : Aix-en-Provence et ses environs

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par gato13 » 05 novembre 2025, 20:24

Image
(1977)

Sorti en 1977, "Mort d'un pourri" est un polar sur fonds de scandale politique. Mis en scène magistralement par un Georges Lautner en grande forme et admirablement dialogué par un Michel Audiard incisif, désabusé, cynique, engagé et sans concession, "Mort d'un pourri" est sombre, violent, fascinant et passionnant. Encré dans une réalité rythmée par les scandales et les affaires politico-financières qui régnaient alors dans les années soixante-dix, le génial scénario rédigé par Michel Audiard et Claude Sautet est un modèle du genre. Il est magnifié par les superbes interprétations d’un Alain Delon au sommet de son art, d’un fabuleux Michel Aumont, d’une sublime Ornella Muti, des remarquables Stéphane Audran, Maurice Ronet, Mireille Darc, Jean Bouise, Daniel Ceccaldi, François Chaumette, Julien Guiomar et d’un incroyable Klaus Kinski. Quarante-huit ans après sa sortie, "Mort d'un pourri" est encore et toujours terriblement d'actualité.

CHEF-D’ŒUVRE !!!

:wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub:

Quelques exemples des dialogues lucides de l’immense Michel Audiard :

"Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson."

"En attendant qu’ils installent l’internationale du prolo, on a mis en place l’internationale du pognon. C’est un peu plus sérieux, croyez-moi. Des mots comme "belligérants" ou "alliés" n’ont plus de sens. Nous n’avons plus d’amis, nous avons des partenaires. Nous n’avons plus d’ennemis, nous avons des clients. Le Capital ne connait plus de frontière."

"Les salauds m’emmerdent, Maréchal. Ils gangrènent ce pays. Les combinards d’aujourd’hui occupent le temple, dirigent les journaux, subventionnent les campagnes électorales, font élire ceux qui ensuite leurs distribueront les marchés, leur accordant tous les passe-droits. Ils forment une nouvelle élite. Leurs descendants constitueront l’aristocratie de demain. Nous allons vers l’époque du voyou de droit divin."

"Certains élus du peuple vont connaître une petite traversée du désert. Au pas de course, rassure-toi. Quand ils reviendront, ils se seront fait le masque républicain, comme les vieilles putes se font retendre les fesses. Non, les seuls qui vont vraiment trinquer là-dedans sont les saumons. Dormez en paix, Parisiens. Tout est tranquille."
“La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie.” (Ludwig van BEETHOVEN)

Avatar du membre
gato13
Membre Sénior
Messages : 6004
Enregistré le : 15 septembre 2016, 12:34
Localisation : Aix-en-Provence et ses environs

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par gato13 » 06 novembre 2025, 20:42

Image
(1974)

"Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia" est certainement l’œuvre la plus excessive, la plus nihiliste et forcément la plus désespérée, la plus triste et la plus romantique de la carrière mouvementée de Sam Peckinpah cinéaste rebelle de son état. Le scénario est d'une noirceur totale. Un riche propriétaire mexicain ordonne qu’on lui ramène la tête d’un dénommé Alfredo Garcia qui a mis enceinte sa fille. Une récompense est offerte à qui lui apportera le fameux trophée. Tous les tueurs à gage sont sur le coup ainsi qu’un minable pianiste de bar qui voit là l’occasion de gagner une forte somme d’argent. L’argent n’a pas d’odeur, voilà un adage et un constat amer qui ne pouvaient pas laisser indifférent un cinéaste tel que Sam Peckinpah. Franc-tireur, désabusé, révolté, pessimiste, humaniste, réaliste et fatalement lucide sur la condition humaine, le réalisateur voit ce film comme une catharsis afin d’échapper une fois pour toute au contrôle des studios hollywoodiens d’où un tournage au Mexique où, épris de liberté, il décide de s’y installer définitivement. Transcendé par la prestation hallucinante et grandiose de Warren Oates en anti-héros vénal et romanesque, magnifié par une mise en scène lyrique et viscérale, "Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia" rejoint les "Major Dundee", "Un nommé Cable Hogue", "Les Chiens de Paille", "Guet-Apens", "Pat Garrett et Billy le Kid", "Croix de Fer" et bien entendu le chef-d’œuvre absolu qu’est "La Horde Sauvage" qui, réunis tous ensemble, sont un inestimable patrimoine culturel que nous a légué pour la postérité Sam Peckinpah. Cet enfant terrible d’Hollywood est vénéré par de nombreux cinéastes qui lui doivent énormément ainsi que par de nombreux cinéphiles anonymes du monde entier, dont votre serviteur, qui lui disent merci pour son immense et précieuse œuvre artistique.

CHEF-D’ŒUVRE !!!

:wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub:
“La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie.” (Ludwig van BEETHOVEN)

Avatar du membre
gato13
Membre Sénior
Messages : 6004
Enregistré le : 15 septembre 2016, 12:34
Localisation : Aix-en-Provence et ses environs

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par gato13 » 09 novembre 2025, 17:35

Image
(1965)

Trois ans après le magnifique "Coups de feu dans la Sierra" sorti en 1962, le metteur en scène Sam Peckinpah tourne son troisième long-métrage de cinéma. "Major Dundee" fût pour son réalisateur le premier des nombreux combats qu’il devra mener et souvent perdre contre les studios. "Major Dundee" est le film maudit par excellence. Effrayés par la durée initiale et sa violence brute, les studios ramènent le montage de quatre heures voulu par le cinéaste à seulement deux heures. Les nombreux retards pris pendant le tournage ont entrainé une hausse du budget. Tout cela ayant pris des proportions titanesques, le film ne doit sa survie qu’au soutien inconditionnel de Charlton Heston qui, conscient du talent immense de son réalisateur, a refusé son cachet pour permettre à Sam Peckinpah de finir dans de bonnes conditions le tournage. À sa sortie, "Major Dundee", descendu par la critique, ne rencontre qu’un succès mitigé. Quelle injustice car malgré tous les désagréments rencontrés et suite à sa restauration dans une version plus longue de vingt minutes et plus proche de la vision initiale du cinéaste, ce western crépusculaire, qui n'est pas s'en rappeler "Moby Dick" et son capitaine Achab dans les obsessions du Major Amos Charles Dundee, est d’une beauté à couper le souffle. Western mélancolique, lyrique, violent, amer, triste, "Major Dundee" est magistralement réalisé par Sam Peckinpah et magnifiquement interprété par la distribution dans laquelle on retrouve Charlton Heston, Richard Harris, James Coburn, Santa Berger et Warren Oates. Exténué par la conception chaotique du film, trahi par la sortie en salles de la version des producteurs à la place de son montage initial, meurtri par un échec injuste en salles, Sam Peckinpah attendra quatre ans avant de pouvoir réaliser son film suivant. En 1969 il offrait au western un de ses chefs-d'œuvre et un des plus grands films de l'histoire du cinéma : "La Horde Sauvage".

CHEF-D’ŒUVRE !!!

:wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub:
Modifié en dernier par gato13 le 09 novembre 2025, 19:07, modifié 1 fois.
“La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie.” (Ludwig van BEETHOVEN)

Avatar du membre
Mr a
Membre Sénior
Messages : 8997
Enregistré le : 20 septembre 2011, 17:51
Localisation : entre le siège et l'écran!

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par Mr a » 09 novembre 2025, 18:31

Aujourd'hui:
Image
de Ang Lee (2000)

Mon avis ici :arrow: viewtopic.php?f=11&t=1299&p=24093&hilit ... gon#p24093

8-)
"Trust The Process"

Avatar du membre
Mr a
Membre Sénior
Messages : 8997
Enregistré le : 20 septembre 2011, 17:51
Localisation : entre le siège et l'écran!

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par Mr a » 10 novembre 2025, 17:30

Aujourd'hui:
Image
de Cédric Jimenez (2022)

Film retraçant la traque des terroristes au lendemain des attentas tragiques du 13 Novembre 2015,"Novembre" repose sur une narration factuelle documentée et sur un rythme soutenu captivant qui conduira jusqu'à l'assault impressionnant dans un appartement de Saint-Denis....Un film coup de poing qui ne tombe jamais dans la démonstration facile,une tension de tous les instants,l'histoire du terrible cauchemar qui a traumatisé une nation entière est une réussite sur tous les plans !

8-)
"Trust The Process"

Avatar du membre
gato13
Membre Sénior
Messages : 6004
Enregistré le : 15 septembre 2016, 12:34
Localisation : Aix-en-Provence et ses environs

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par gato13 » 10 novembre 2025, 20:29

Image
(1976)

L’association Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo est riche de huit longs métrages. Six de ces films sont des immenses classiques du cinéma français voire pour certains d’entre eux des chefs-d’œuvre. "Un singe en hiver" en 1962, "Week-end à Zuydcoote" en 1964 et "Peur sur la ville" en 1975 sont des chefs-d’œuvre absolus. "Cent mille dollars au soleil" en 1963 et "Le Casse" en 1971 sont d’immenses classiques du cinéma populaire de qualité française. En 1984, pour leur dernière collaboration, le tandem se retrouve sur le tournage du divertissant "Les Morfalous" qui rencontrera un succès public mais sera une déception artistique au vu de leur passé commun. "Le corps de mon ennemi", sorti en 1976, est la septième collaboration d’Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo. Après le phénoménal succès public du polar musclé "Peur sur la ville", "Le corps de mon ennemi" est un drame, avec en toile de fond la politique et le monde des affaires, qui puise toute sa force dans le contexte social dans lequel il prend forme. Merveilleusement dialogué par un Michel Audiard inspiré, incisif et cinglant, le film est une satire virulente de la bourgeoisie doublée d’une formidable radiographie de la France des années soixante et soixante-dix. La grande réussite du film est dû à l’audacieux montage d'Henri Verneuil qui avec une aisance sidérante utilise de nombreux flashbacks et une voix off afin de faire évoluer l'intrigue. Pour accompagner Jean-Paul Belmondo, impressionnant et impérial, on retrouve dans la distribution les remarquables Bernard Blier, Marie-France Pisier, Claude Brosset, Daniel Ivernel et, dans un second rôle savoureux, Nicole Garcia qui tournait son cinquième film. Souvent oublié voire méconnu, "Le corps de mon ennemi" est un grand film brillant, intelligent, passionnant qui fait partie des plus belles réussites de la somptueuse filmographie commune du mythique tandem Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo.

MAGISTRAL !!!

:wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub:
“La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie.” (Ludwig van BEETHOVEN)

elihah
Membre Sénior
Messages : 1729
Enregistré le : 17 février 2016, 02:17

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par elihah » 11 novembre 2025, 14:14

C'est pas du ciné mais ça vaut la peine:
https://www.france.tv/france-2/des-viva ... apres.html

Avatar du membre
Mr a
Membre Sénior
Messages : 8997
Enregistré le : 20 septembre 2011, 17:51
Localisation : entre le siège et l'écran!

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par Mr a » 11 novembre 2025, 17:10

Aujourd'hui:
Image
"L'associé du diable" de Taylor Hackford (1998)

Métaphore un peu balourde sur le pouvoir et la soif de celui-ci,"L'associé du diable" brille par sa réalisation trop académique et par son ton bien trop sage....On aurait aimé que Taylor Hackford gratte un peu plus sous le vernis du monde qu'il dépeint,avide et vaniteux,pour livrer un pur film d'épouvante...Au final,même si le casting est à la hauteur (Keanu Reeves dans l'un de ses meilleurs rôles,sinon le meilleur,Charlize Theron dans sa première apparition à l'écran,Connie Nielsen sulfureuse et magnétique à souhait et Al Pacino qui prend un malain plaisir à incarner le mal en personne),et en dépit de deux ou trois séquences réussies,"L'associé du diable" reste un film certes plaisant mais bien trop tiède....

8-)
"Trust The Process"

Avatar du membre
gato13
Membre Sénior
Messages : 6004
Enregistré le : 15 septembre 2016, 12:34
Localisation : Aix-en-Provence et ses environs

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par gato13 » 11 novembre 2025, 20:09

Image
(1973)

Terrifiant, angoissant et tristement visionnaire, "Soleil Vert" est magistralement réalisé par Richard Fleischer à qui l’on doit de très nombreux chefs-d’œuvre et classiques du cinéma tels que "Vingt mille lieues sous les mers" en 1954, "Les inconnus dans la ville" en 1955, "Le temps de la colère" en 1956, "Les vikings" en 1958, "Le génie du mal" en 1959, "Barabbas" en 1962, "Le voyage fantastique" en 1966, "L'extravagant Docteur Dolittle" en 1967, "L'étrangleur de Boston" en 1968 et "Tora ! Tora ! Tora ! " en 1970 entre-autres. Film d'anticipation dont l'action se situe en 2022, "Soleil Vert" est superbement interprété par Charlton Heston et Edward G. Robinson. Certaines scènes totalement bouleversantes sont entrées dans la légende du septième art : le repas entre les deux héros, la riposte à l'émeute et bien entendu la poignante scène du Foyer. Cinquante-deux ans après sa sortie au cinéma, "Soleil Vert" est plus que jamais d’actualité. Devenu depuis un classique du genre, rarement film d'anticipation n’aura été aussi alarmant, pessimiste, réaliste que ce déprimant, sombre, passionnant et impressionnant "Soleil Vert".

CHEF-D’ŒUVRE !!!

:wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub:
“La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie.” (Ludwig van BEETHOVEN)

Avatar du membre
gato13
Membre Sénior
Messages : 6004
Enregistré le : 15 septembre 2016, 12:34
Localisation : Aix-en-Provence et ses environs

Re: LA MUSIQUE OK MAIS LE CINE ?

Message par gato13 » 16 novembre 2025, 16:34

Image
(1973)

En 1976, une magnifique série télé en quinze épisodes retraça le parcours du policier Frank Serpico. Trois ans plus tôt au cinéma, Sidney Lumet réalisait "Serpico", un film essentiel et nécessaire à voir et revoir. Deux ans avant de se retrouver pour "Un après-midi de chien" en 1975, le duo Sidney Lumet et Al Pacino signait avec "Serpico" le polar manifeste des années soixante-dix. Film incontournable de ces années-là, c’est un tour de force incomparable magistralement interprété et superbement réalisé. Avec ce coup d’éclat et quelques autres, Al Pacino s'imposait comme l'un des acteurs les plus doués de sa génération et son impact allait être immense pour les années futures. Quant à Sidney Lumet, il démontrait avec maestria qu'il était un maître du polar judiciaire et devenait une figure incontournable et vénérée du cinéma américain. Basé sur des faits authentiques qui ont défrayé les chroniques policières, "Serpico" est tout simplement l'un des plus beaux films du cinéma américain des années soixante-dix.

CHEF-D’ŒUVRE !!!

:wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub: :wub:
“La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie.” (Ludwig van BEETHOVEN)

Répondre