Producteur... qui est-il et quel est son rôle ?

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Le Nobre
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Message par Le Nobre » 27 mars 2026, 09:34

Oui l'argument du trois albums en trois ans ne tient pas non plus. Après c'est affaire de goût. Si Seb considère qu'Anorak et Marbles sonnent suffisamment bien comme ils sont, c'est son goût. Il eut fallu pour que je le partage n'avoir pas connu Marillion avant 1994, voilà la vérité. J'ai été habitué à un certain Ian Mosley jusqu'à Holidays In Eden. Il a disparu ensuite. Tous ses coups de tonnerre sont devenus des coups de cure-dents. Chaque fois qu'un morceau est censé péter, monter en puissance, il disparaît dans le mix, écrasé par le reste des instruments, et au final au lieu du feu escompté on a l'ébauche d'une braise. Encore une fois, si ça plaît, tant mieux. Il y a aussi une forme de logique. Comparé à Fish, Hogarth n'est pas foncièrement rock, sur les morceaux enlevés de Marillion type Hard As Love ou Separated Out, il fait petit nervaillon qui pique sa crise, ce n'est pas son ADN. Lui, son truc, c'est la pop intelligente, recherchée façon 10 CC, Talk Talk, Prefab Sprout, Blue Nile. Et comme il a raison, j'adore tous ces artistes. Je m'étonne quand même qu'en temps que grand fan, tout comme moi, des productions de Trevor Horn, il n'ait jamais tapé du poing sur la table pour dénoncer la platitude de celles de Marillion. Lui qui aime tant Slave To The Rhythm de Grace Jones, comment peut-il se contenter de Between You And Me ? Cela reste un mystère pour moi.

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Re: Producteur... qui est-il et quel est son rôle ?

Message par Le Nobre » 27 mars 2026, 10:17

gato13 a écrit :
26 mars 2026, 18:05
Seb a écrit :
26 mars 2026, 16:18
La différence c’est que Marillion étaient pas semi pros. Mais pros. Avec tout à faire et tout à financer. Donc ça a été rushé. Bâclé quelque part. On sait très bien que 97, 98, 99, trois albums en trois ans c’est pas un rythme normal. C’est trop.
Led Zeppelin : 1969 - 1971 :arrow: 4 albums et pas n'importe lesquels ("I","II","III","IV") produits par Jimmy Page. Et quand ils n'étaient pas en studio, ils étaient en tournée. Le son est d'anthologie et encore plus avec les derniers remasters produits par Jimmy Page.

The Beatles : 1963 - 1970 :arrow: 12 albums en 8 ans dont 7 les 4 premières années. Référence sonore absolue.

Queen : 1973 - 1975 :arrow: 4 albums en 3 ans ("Queen", "Queen II", "Sheer Heart Attack", "A Night At The Opera"). Quand on entend la qualité sonore du "Queen II" et la perfection absolue de "A Night At The Opera"...

AC/DC : 1977 - 1981 :arrow: 5 albums en 5 ans ("Let There Be Rock", "Powerage", "Highway to Hell", "Back in Black", "For Those About to Rock We Salute You") avec le drame survenu le 19 février 1980 que l'on connaît tous. Cinq pierres angulaires, cinq productions d'anthologie...

Iron Maiden : 1981 - 1984 :arrow: 4 albums en 4 ans ("Killers", "The Number of the Beast", "Piece of Mind", "Powerslave"). Un seul producteur (le regretté et légendaire Martin Birch), 4 albums d'anthologie, 1 son typique par album. Tout en sachant que pendant presque toute l'année le groupe était en tournée et que quand il ne produisait pas Iron Maiden, Martin Birch s'occupait aussi de Rainbow, Whitesnake, Black Sabbath, Blue Öyster Cult, Deep Purple et autres...

Genesis : 1971 - 1974 :arrow: 4 albums en 4 ans ( "Nursery Cryme", "Foxtrot", "Selling England by the Pound", "The Lamb Lies Down on Broadway") et en 1976 :arrow: 2 albums ("A Trick of the Tail", "Wind and Wuthering"). Les albums parlent d'eux-mêmes...

Je pourrais en citer bien d'autres et même parmi les grands artistes français dans les années 70 qui pour certains ont parfois enregistré 4 albums en deux ans, sans que cela nuise à la qualité sonore, tout en étant la plupart du temps en tournée.

Personnellement, je pense que la très grande différence qui fait que tous ces albums cités ont traversé l'épreuve du temps en bénéficiant de productions exemplaires réside dans le fait qu'ils ont été enregistré en analogique. Les artistes et les producteurs tiraient le maximum de ce qu'ils pouvaient, innovaient et faisaient avec les moyens du bord. Ils étaient à 200% de leur capacité créatrice et n'avaient pas le droit à l'erreur et si il y en a eu, elles font partie du charme de ces musiques entrées dans la légende...

L'enregistrement numérique a ôté toute cette magie (tout comme au cinéma d'ailleurs) car avec la technologie de plus en plus perfectionnée, les artistes, producteurs, ingénieurs du son sont devenus de plus en plus dépendants de la technologie voire carrément feignants car ils se disent que si il y a erreur, ils vont pouvoir bidouiller, effacer, revenir en arrière, corriger bref ils font joujou avec la machine...
Et c'est comme ça que l'on se farcit depuis plus de 20 ans toute la navrante diarrhée sonore qui envahit et pollue les ondes actuelles, le marché du disque et l'ascension "d'artistes faussaires" sans aucun talent, ne sachant ni chanter, ni jouer d'un instrument et qui pour certain sortent 25 albums en 11 ans de carrière...
Et impeccable démonstration !

Seb
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Message par Seb » 27 mars 2026, 14:40

Non mais tu peux pas comparer l’incomparable (outre le fait que les standards de productions ne sont pas du tout les mêmes à 30 ans d’intervalle). Et encore une fois, d’une part, Nursery Cryme (pour parler d’un disque que je connais très très bien) ne sonnait pas si bien que ça (je ne parle pas de la qualité des chansons) mais d’autre part, Genesis n'était pas dans la position de Marillion à avoir tout à gérer : la logistique, le studio (neuf en plus à l’époque), le marketing, le matériel, la rh la comptabilité, la catine, remettre du pq dans les toilettes, que sais-je encore et le mix, le mastering et la musique. Quand ils sont devenus indépendants, ils étaient *vraiment* indépendants, sans maison de disque pour leur faire les lacets, leur couper la viande et leur payer des studios d'enregistrement et du personnel ultra qualifié... Alors oui, sortir 3 albums en 3 ans dans ces conditions, c’est pas la même chose que Genesis entre 70 et 74 où ils ont sorti 5 albums dont un double. Quand tu peux te consacrer uniquement à l’art, ça n’a rien à voir.

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Re: Producteur... qui est-il et quel est son rôle ?

Message par Seb » 27 mars 2026, 14:42

Le Nobre a écrit :
27 mars 2026, 10:17
Et impeccable démonstration !
Agree to disagree :)

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Message par Le Nobre » 27 mars 2026, 16:24

J'aimerais tant que tous les Marillion d'une certaine époque sonnent comme Nursery Cryme ou Foxtrot... Je répète que toutes ces excuses logistiques, c'est du pipeau. Tu prends en 2001 la plupart des groupes indé pop-rock anglais ou américains, même les plus occupés à tout gérer, il sonnent mieux qu'Anorak. Franchement, il suffit d'écouter. Le mastering est tout faible, c'est plat, désespérément plat. Sauf quand ça plane, alors là ok les passages calmes, les tissages Rothery/ Kelly, oui ça fonctionne. C'est dès que la batterie repart que ça fout tout par terre. Je pourrais m'attarder ne serait-ce que sur le son de caisse claire de Mosley. Sur l'entrée de Quartz c'est presque risible tellement il joue avec des baguettes chinoises !
Non décidément toutes ces histoires de PQ et de comptabilité je n'y crois pas. Quand tu es musicien, ton son doit passer avant toute chose, c'est ton passeport. Pas le droit de le bâcler.

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Message par Seb » 27 mars 2026, 17:27

Nursery Cryme avant le remaster de 94 c’était quand même un peu de la bouillie non ?
Après, pour le reste, on tourne en rond donc restons en là, après tout on est d’accord sur l’essentiel : ça aurait dû mieux sonner. On n’est juste pas d’accord sur le pourquoi ça n’a pas bien sonné.

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Message par Le Nobre » 27 mars 2026, 18:02

Je me base sur le vinyl d'origine, ça sonnait quand même pas mal. Ils ont progressé avec Foxtrot et plus encore avec Selling England By The Pound.
Quand à Marillion, oui, s'ils remixent cette période c'est bien que ça clochait quelque part. Je note que le progrès qui saute d'abord aux oreilles sur TSE, Radiation et Go !, en attendant la suite de .Com, c'est bien le son, le mix et le rendu de la batterie... Tu es bien placé pour savoir que cet instrument est l'ossature, la fondation, qui, si elle est négligée, peut tout faire chanceler...

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Re: Producteur... qui est-il et quel est son rôle ?

Message par Seb » 28 mars 2026, 14:13

Pour être franc, ils remixent tout. Pas que ce qui clochait. Et justement c’est pas toujours heureux ces remixs récents (je parle des remixs stéréo là, pour comparer ce qui l’est) sauf pour TSE / Radiation et Go… Il est fort probable qu’ils continuent. J’ai hâte d’entendre un remix d’Anorak et de Marbles et de voir de quel côté ça tombe.
Mais oui pour la batterie, mille fois oui.

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Re: Producteur... qui est-il et quel est son rôle ?

Message par Le Nobre » 28 mars 2026, 15:08

A propos de batterie, je sais que nous avons tous deux beaucoup apprécié Mark Breczicki. Je viens de me refaire Field Of Crows, j'avais oublié à quel point il y est impeccable. Et comme Fish chante encore sur ce disque !

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Re: Producteur... qui est-il et quel est son rôle ?

Message par gato13 » 28 mars 2026, 16:19

Seb a écrit :
27 mars 2026, 14:42
Le Nobre a écrit :
27 mars 2026, 10:17
Et impeccable démonstration !
Agree to disagree :)

Non mais tu peux pas comparer l’incomparable (outre le fait que les standards de productions ne sont pas du tout les mêmes à 30 ans d’intervalle)
:)

En effet ce n'est peut-être pas comparable mais ce qui est sûr et certain dans tous les cas de figure c'est qu'indépendant (avec tous les tracas que cela entraine), Marillion l'est devenu au bout de huit albums qui eux n'ont pas été produits de manière indépendante mais chez EMI. Et que je sache, malgré la lourdeur et la difficulté de tous les aspects techniques liées à l'indépendance, leurs oreilles musicales ne sont pas devenues indépendantes de leur sensibilité musicale et d'un esprit critique vis à vis de leur musique. Ils ne sont pas redevenus des musiciens novices voire débutants tout de même. J'ose espérer qu'en temps que professionnels ils sont présents en studio lors des enregistrements et du mixage...

Deux exemples pas comparables mais qui en disent long. En 1971, Deep Purple (chez EMI) enregistre l'album "Machine Head" dans les couloirs d'un hôtel faute d'un studio d'enregistrement ravagé par un incendie devenu célèbre depuis grâce à une certaine chanson narrant de la fumée sur l'eau et du feu dans le ciel. Résultat, album de légende et son exemplaire obtenu dans des conditions quelques peu rocambolesques. Le son de batterie de Ian Paice sur l'intro de "Space Truckin'" est renversant ainsi que toute la production de l'album. Merci Martin Birch et merci Deep Purple. Après avoir enchaîné cinq albums aux productions remarquables ("Let There Be Rock", "Powerage", "Highway to Hell", "Back in Black", "For Those About to Rock We Salute You"), en 1983 et 1985 AC/DC devient son propre producteur avec l'excellentissime "Flick Of The Switch" (un son plus direct mais qui entre les mains expertes d'un vrai producteur aurait pu, aurait dû mieux sonner) en 1983 et le désastreux "Fly On The Wall" en 1985. Ce dernier malgré Warner, le pognon, les studios, est un désastre sonore absolu et il est l’œuvre d'une production assurée par les seuls Angus et Malcolm Young seuls maîtres à bord de leur incompétence derrière les consoles d'enregistrements et de mixage. Il n'y a rien à sauver du naufrage si ce n'est quelques chansons qui auraient pu devenir de grands titres si elles avaient été mises en valeur par un vrai producteur, un vrai ingé son. Et on ne peut pas dire qu' ACD/DC était indépendant à l'époque. En studio, seule la musique doit prévaloir et des musiciens au producteur, je pense qu'il doit y avoir assez d'oreilles expertes en studio...

Après, tout ce qui concerne la logistique administrative, financière, technique, matérielle et tout le tintouin, tous les groupes l'ont connu et pour la plupart à leurs débuts. Si tu as l'occasion, regarde le superbe documentaire sur Rush "Time Stand Still" ci-dessous qui est sur ARTE TV actuellement...



Rush n'est pas devenu le groupe culte et vénéré qu'il est aujourd'hui du jour au lendemain. Ce documentaire en est la preuve et pourtant alors qu'ils sont plus qu'au sommet, installés et qu'ils ont les moyens, en 2002, ils sortent leur dix-septième album studio "Vapor Trails". Album dont le groupe reconnaitra rapidement son désappointement, non pas pour les chansons mais pour le mixage et le son du disque. Tant et si bien, qu'ils n'en seront pleinement satisfaits qu'en 2013 après que l'album ait été entièrement remixé et soit sorti sous l'appellation de "Vapor Trails Remixed". On parle tout de même de Geddy Lee, Alex Lifeson et Neal Peart, pas de musiciens novices dans un studio d'enregistrement.

Et si tu as le temps, jette un œil sur le superbe ouvrage ci dessous que m'a très gentiment offert un fervent membre du forum...

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Les carnets tenus par Steve Harris sont très instructifs en ce qui concerne le fait de s'occuper de tout et de compter le moindre sous pour savoir s'il reste assez d'argent pour boire au moins une bière ou manger un sandwich...
Et je pense qu'avec...



on va en apprendre beaucoup et s'éclater...

;)
“La musique met l'âme en harmonie avec tout ce qui existe.” (Oscar Wilde)

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