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par Le Nobre » 06 septembre 2013, 21:05
1 - Perfume river : La première partie m'a fait penser à un mélange de The Field, Vigil, Bitter Suite, et Black Canal, le Fish atmosphérique quoi. La deuxième partie très enlevée elle évoque d'abord le Floyd d'Animals, puis ça décolle remarquablement avec un refrain très efficace. Un morceau qui se bonifie à chaque écoute, idéal pour ouvrir sur disque et en concert...
2- All loved up : Fish est un huge fan des Who, une fois de plus ça s'entend. Pas très original à priori mais là aussi très efficace, avec un texte bien acide. C'est sur ce genre de morceaux qu'un Calum Malcolm apporte beaucoup, il parvient à hausser le niveau pour arriver à un résultat très convaincant au final.
3- Blind to the beautiful : Incomplete n'est pas loin en effet. Ca sent le bois, les cordes, l'acoustique, l'album regorge d'ailleurs de la 12-cordes de Robin Boult, cet album est l'un des plus folk de Fish. Morceau réussi là aussi, du pur Fish.
4- A feast of consequences : Encore un morceau qui bouge, là encore le talent de Calum Malcolm et l'enthousiasme de Fish emportent la décision.
5- High wood : Première partie de la grande fresque en 5 parties sur la première guerre mondiale. Moi aussi j'ai pensé un instant à Ayreon, mais Fish échappe heureusement aux soli de synthé et à la surproduction inhérents à ce genre d'exercice. Très bonne mise en abîme, on est pris.
6- Crucifix corner : Part two, les parties se suivent de très près mais ne sont pas liées par un pont musical, on peut donc écouter cette suite dans le désordre, comme on veut. Bref Crucifix Corner, on ne peut pas faire plus Fish. Après une intro piano voix, l'ombre du Floyd de The Wall plane un instant puis ça rocke ça groove, ça débite du texte, et c'est drôlement bien envoyé. Robin riffe avec délectation, et encore une fois l'écrin sonore est absolument parfait.
7- The gathering : Certes Foss et Fish l'ont pensé comme quelque chose d'"anthemic" à l'image de The Company, pour autant ce morceau n'est pas une resucée. D'abord c'est folklorique oui mais pas nécessairement celtique. Ca évoque les fanfares qui accompagnaient le départ des soldats un peu partout en Occident. Ca pourrait évoquer aussi les Beatles de Sergent Pepper's ou de Magical Mystery Tour. Et puis la compo est très réussie, donc je ne boude pas mon plaisir, d'autant que les sons sont ceux de vrais instruments et non des échantillons. L'authenticité est un maître mot sur cet album.
8- Thistle Alley : Là les soldats sont en pleine panade. Finie la fanfare, place aux plaines décharnées, aux tranchées et au balai incessant des avions. Là aussi du pur Fish en mode inquiétant, pesant, heavy en diable, avec des breaks limite Maiden/Dream Theater à deux trois occasions (sans bavardage). On se figure très bien la scène. Ce côté inéluctable de la guerre.
9- The leaving : Reprend en partie High Wood, puis un final plus affirmé clôt cette saga d'un autre temps. Bel ouvrage.
10 - The other side of me : Une très bonne surprise, il fallait finir l'album avec quelque chose de fort après The High Wood Suite, Fish a réussi ce pari. La version testée sur scène il y a quelques mois n'avait pourtant rien de transcendant. Mais The Other Side Of Me, très folk again, fait passer de beaux frissons dans l'échine, et Robin signe un solo tout en nuances. Il est beaucoup moins démonstratif que son camarade Usher, c'est pour ça que je le préfère. Il se rapproche davantage de Steve Rothery dans le soin qu'il met à choisir les notes...
11- The great unravelling : Morceau absolument magnifique, peut-être le meilleur de l'album ? Je ne sais pas encore à vrai dire, le temps fera le tri. En tout cas on n'en perd pas une miette. Liz Antwi y est divine, et once again Robin soupèse ses notes à la perfection.
Globalement, un très bon album donc, très traditionaliste si on le compare avec 13th Star qui était truffé de boucles. Là Fish a clairement suivi le sillon tracé par ses joutes en trio acoustique pour proposer une musique qui se projette immédiatement sur scène. Vocalement en revanche il donne beaucoup plus cette fois, il faut dire que sa voix va mieux maintenant qu'il y a 5 ans. Son registre actuel est ce qu'il est mais le fait est que sur album ça fonctionne très bien, surtout dans les mains expertes de Calum Malcolm. Inutile d'épiloguer, son cv parle pour lui. Mais comme sur 13th Star, il réussit à faire d'une séries de compos très solides un album vraiment bon. Le meilleur de Fish, je ne sais sincèrement pas, mais je le répète le temps nous dira où il se place dans l'oeuvre de Fish. Je doute quand même qu'il soit, en terme d'écriture, du même acabit que Vigil et Sunsets, mais qui sait ? En revanche, il confirme que le Poisson a finalement toujours proposé de la bonne musique. Hormis sur Suits (les longueurs) et sur la prod de Fellini Days (la voix noyée), il ne s'est guère loupé globalement. Je pense, mais c'est personnel, que Fish et visiblement de nombreux fans rivalisent de superlatifs à propos de Feast Of Consequences, car compte tenu de tout ce qu'il a traversé, de ces capacités vocales actuelles, de son ancienneté dans le métier comme on dit, compte tenu de tout ça, sortir un album pareil c'est top, vraiment. Et je suis d'accord. (On peut dire la même chose de Marillion avec Sounds That Can't Be Made. Sortir ça après trente ans de carrière, chapeau.). Mais bon calmos, avec un peu de recul, ce n'est pas Clutching At Straws non plus... Je veux dire je me souviens de la première fois où j'ai entendu Slainte Mhath ou Sugar Mice, ça m'a transpercé le coeur quoi ! Ceci étant dit, apprécions Feast Of Consequences pour ce qu'il est : un très bon cru.
A+
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Le Nobre le 07 septembre 2013, 00:42, modifié 3 fois.